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Chers Amicalistes,

Hommage à Robert BAUDU, décédé le 13 avril 2026

Nous sommes nombreux au BRGM, à avoir été surpris et peiné par le départ si rapide de votre mari, Madame, de votre père et grand-père, Robert Baudu.

En effet, au travers des différents postes qu’il a pu occuper, c’est pratiquement la moitié des agents du BRGM et d’Antea qu’il a connu et côtoyé. Robert était ce qu’on pourrait appeler une figure du BRGM au BRGM.
C’est pourquoi il nous paraissait important de retracer sa carrière qui fut loin d’être anodine.
C’est en 1964 que Robert, jeune technicien supérieur en électronique, est entré au BRGM, au laboratoire décentralisé de Chatenay-Malabry. Cette équipe était spécialisée dans la conception et le développement d'instruments en particulier de résistivité : ce sont des appareils avec lesquels les géophysiciens étudient le sous-sol depuis la surface ou en forage.
La mise au point de ces nouveaux outils a amené Robert à échanger directement avec les géologues, géophysiciens et géochimistes et parfois à sortir du laboratoire pour intervenir directement avec eux sur le terrain.
C’est ainsi qu’il fut amené à embarquer sur le Béluga, un ancien bateau de pêche, rafiot en bois sur lequel il navigua au large des côtes bretonnes, entre Saint-Nazaire et l'île d'Ouessant pendant l'été 1966. Il put enfin justifier et avec fierté le surnom que lui donnait ses camarades de classe : Surcouf !
Lors de cette opération en mer, il dut veiller au parfait fonctionnement d’un appareil de sismique dont l’utilisation servait à découvrir et évaluer les structures des fonds marins. Ce furent les premiers travaux français du genre à l'époque et le début de la cartographie du plateau continental de la France.
Il poursuivit le même exercice sur le dragueur de mines « BIRHAKEIM » l'été suivant.
Cette équipe fut tellement efficace que le BRGM décida de créer un service dédié au sein de son nouveau site scientifique d’Orléans que Robert intégra de 1972 à 1978.
Dans ce cadre, Robert participa plus particulièrement au développement de sondes pour les forages aux noms évocateurs : Romulus, Rémi, Arlett, Didier, Magali, Elias, Trajan, et c’est certainement la conception et la réalisation de la sonde de polarisation provoquée dont il resta le plus fier. Ce fut également l’occasion de déposer 3 brevets d’invention dont il co-titulaire.
A partir de 1978, Robert travaille exclusivement pour la Géophysique qui fait appel à lui pour mettre en œuvre les nouveaux outils sur le terrain.
Il faut signaler à ce titre qu’il s’agissait d’une véritable gageure en raison de son handicap de jeunesse (Robert était appareillé d'une prothèse de jambe). Son efficacité sur le terrain fut remarquée par ses collègues géophysiciens qui l'intégrèrent rapidement.
Parmi les missions de terrain qu’il réalisa, on citera :
- En France, les campagnes de mesure sur les prospects Cuivre qu’il mena en Bretagne, à Bodennec et Porte aux moines mais aussi sur les prospects dans le Massif Central.
- A l’étranger, il s’est rendu en Arabie, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Maroc, au Portugal et à Chypre.
La mission Gabon a été une réelle aventure d'explorateur en forêt équatoriale sous tente pendant deux mois.
Quant à la mission réalisée en Arabie Saoudite et destinée à contrôler la stabilité de la route d'accès au palais de Médine du roi d’Arabie Saoudite, les résultats qu’il acquit furent remarqués et constituèrent un cas d'école exemplaire pendant de nombreuses années.
Dès le début des années 90, l'activité liée à la recherche minière décrut fortement au BRGM. Mais, toujours avide de connaissances nouvelles, Robert put rebondir en acceptant de se former à un nouveau métier, l’informatique.
C’est à Marseille qu’il sera affecté pour la production de cartes numériques au sein d’une unité décentralisée du BRGM dédiée aux risques naturels. Son installation à Marseille dans ce nouveau métier fut un véritable défi tant professionnel que familial. Ces défis, il les a relevés et réussis avec succès.
A la fin de l’année 1999 il revint à Orléans où il s’intéressa à l’informatique des PC, à leur maintenance et au passage de l’an 2000. Cette nouvelle activité lui permit de passer pratiquement dans tous les bureaux du BRGM d’Orléans et de créer ainsi, grâce à ses qualités de discrétion et d’écoute, des liens d’amitié avec bon nombre d’entre nous
Compétent mais pas seulement ; sa gentillesse et son optimisme ont été appréciées par tous. Il fit aussi preuve d’un grand dévouement en s'impliquant au sein de la commission hygiène et sécurité pour défendre les droits des employés du BRGM.
Pour tout cela, tu vas nous manquer Robert. Repose en paix.

Didier Bonijoly
Pour l’Amicale BRGM

Merci à Jean Bernard, Guy Dubreuil, José Perrin et François Xavier Vaillant pour nous avoir fourni les informations sur le parcours professionnel de Robert
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