Jean-Marie Georgel, le « Peruanista »
Jean-Marie Georgel, un grand « peruanista »
Partageons avec vous un portrait écrit par Raul Benavides directeur de Buenaventura qui décrit le parcours, les apports et l’amour pour le Pérou de Jean Marie Georgel, le remarquable professionnel et le grand ami, qui fut le Gérant et Directeur de Cedimin et Buenaventura entre les années 90 et début 2000.
Ce texte, écrit peu après la disparition de Jean-Marie, méritait assurément d’être remis en lumière afin que chacun puisse redécouvrir la profondeur de cet hommage et la place toute particulière qu’il occupait au Pérou auprès de ses collègues, partenaires et amis.
À travers ce portrait profondément humain, Raul Benavides retrace le parcours remarquable de celui qui dirigea Cedimin et représenta le BRGM au Pérou durant des années décisives pour le développement minier du pays. Mais au-delà du professionnel reconnu, c’est surtout l’homme de conviction, d’engagement et d’amitié qui apparaît dans ces lignes.
Jean-Marie Georgel a marqué durablement ses collaborateurs et partenaires par son intelligence, sa rigueur, son courage sur le terrain, son attachement sincère au Pérou et son regard passionné sur la société péruvienne. Rarement un étranger aura su comprendre, aimer et servir ce pays avec une telle profondeur, au point d’être qualifié de « peruanista ».
Cet hommage, empreint d’estime, d’affection et de gratitude, témoigne de l’empreinte humaine et professionnelle qu’il laisse au Pérou comme auprès de tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés.
Nous adressons également nos sincères remerciements à Jacques Danto pour la qualité et la fidélité de sa traduction du texte de Raul Benavides, qui permet de partager en français toute la force et l’émotion de cet hommage.
Nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir ce très beau texte consacré à Jean-Marie Georgel, homme d’exception et ami fidèle.
Jean Claude LABROT

Par Raul Benavides, Directeur de Buenaventura,
Au début des années 90, arrive au Pérou, Jean-Marie Georgel. Notre première rencontre a lieu quand revenant de la mine de Shila, située sur les hauteurs d’Arequipa à 5000 mètres d’altitude. Je revenais d’Orcopampa après avoir visité la mine en construction et je croisais la camionnette de Cedimin (filiale du BRGM). Dans la camionnette se trouvait le Gérant du moment de Cedimin, Laurent Albouy, qui venait accompagné d’une personne qui visiblement par la couleur jaunâtre de son visage, souffrait d’un terrible soroche (mal des montagnes. Jean Marie nous a montré en de très nombreuses occasions un courage que ni l’altitude, ni les situations les plus difficiles ne pouvaient faire fléchir.
Jean Marie occupa la gérance de Cedimin à un moment où le Gouvernent français avait décidé de ne plus investir dans l’industrie minière. Après avoir fait de très gros efforts dans l’exploration minière dans les Amériques et en Afrique, Shila sera la première mine qui sera développée et mise en exploitation. ). Minera Shila fut une propriété minière de Buenaventura avec Cedimin. Avec le temps. Jean-Marie venait d’être le représentant du BRGM au Canada. Imaginez arriver du Canada et le jour suivant partir sur les hauteurs des montagnes au-dessus d’Arequipa sur l’une des mines les plus hautes du Pérou.
Jean Marie prit son rôle avec grand enthousiasme. Puis viendront de grandes réussites avec la découverte de Minas Conga, la construction et la mise en production de Yanacocha. Jean Marie fut l’un moteur de Yanacocha. Il fut toujours une personne positive appuyant en de nombreuses occasions le développement y compris sans l’appui de ses responsables. Nous lui devons, ainsi qu’à d’autres personnes, le développement de ce gisement.
Il fut membre du Directoire de Buenaventura depuis son arrivée au Pérou. Une voix sage et constructive de notre Directoire. Y compris lorsque le BRGM décida de vendre sa participation dans Yanacocha, il fit connaitre son désaccord avec sa société de ne pas respecter le droit préférentiel des associés.
Mon père dira toujours que Jean Marie fut un grand analyste de la politique péruvienne, grand admirateur des réalisations du Gouvernement de Fujimori sans en accepter les excès. Il était toujours au courant des faits qui arrivaient dans le pays ; il eut l’appui de Josette, la femme de sa vie. Il prit en amitié ses collaborateurs qui l’aimaient sinon l’adoraient. Homme juste mais avec des idées fortes. Très travailleur et voué à son travail, Jean-Marie était un homme rigoureux et dirigea Cedimin avec une rigueur incroyable mais sans mesquinerie. Il haïssait les excès.
Un ex-collaborateur de Jean Marie m’écrivait disant qu’il suivait avec beaucoup d’attention la politique de notre pays avec analyse et sens critique. Il fut un homme juste et bon cherchant le compromis, respectant et appréciant les autres ce qui fit que nous avons bien travaillé avec lui.
Il prit plaisir et aima beaucoup notre pays. J’ai cherché un mot qui le définirait et le mot que j’ai trouvé est « peruanista ». Je crois que ce terme a deux sens dans le dictionnaire des américanismes :
- Personne qui étudie l’histoire, la culture et la réalité péruvienne,
- Personne qui agit pour le Pérou.
Jean-Marie prit congé à l’issue du dernier Directoire de Cedimin en 2013. A cette réunion assistèrent Raul Benavides, Francisco Arcia, Audad Flores, Fernando Llosa, Raul Huisa, Carlos Velasquez et Gregory Egg.
Peruanista décrit de manière complète Jean-Marie, homme qui a étudié l’histoire du Pérou avec enthousiasme, s’impliquant comme peu d’étrangers dans notre culture, étudiant et analysant avec finesse la politique péruvienne. Mais, surtout, avec positivité et pro activité vers le Pérou et les Péruviens. Jean-Marie fut donc un grand « peruanista ».
Il y a peu, nous nous sommes réveillés avec la nouvelle de sa disparition dans le village de Josette, dans une maison qu’ils construisirent avec amour, située dans la vallée du Rhône près de Lyon. La maison était située dans ces collines où se produisent les meilleurs vins de France. Quand je suis allé les voir, il me montrait avec orgueil une petite entrée de galerie de mine ancienne qui attestait du passé minier du village de son épouse.
Au Pérou, à celles et ceux qui le connaissaient, il va beaucoup manquer.
Adieu mon bon ami. Toujours tu resteras dans nos souvenirs et seras un exemple de correction, de dévouement et d’amour de notre pays.
Raul BENAVIDES
Commentaire de Jean Claude Prevot
0 commentaire